Saisie de 56 animaux à Compiègne
Quand les associations parviennent à obtenir justice
2020
Pour l'association, 2020 n'a pas seulement été l'année du confinement pour lutter contre le Covid mais aussi celle où nous avons découvert l'une des formes les plus lâches de la maltraitance : tenir une sorte d'association clandestine, sans aucune autorisation légale ni capacité de la personne à pourvoir au bien-être des animaux.
Ce sont 56 animaux qui en ont payé le prix à Compiègne. Cochons d'Inde, rats, pigeons, lapins et furets, entassés dans deux garages loués dans des conditions inimaginables.
Au moment de la saisie : des cages empilées au milieu des déchets, dans l'un des deux garages.
L'enquête et l'intervention
Tout commence par une personne qui s'est faite remarquée pour son activité dans plusieurs groupes sur Facebook. Un jour, celle-ci se met à rechercher des adoptants contre une faible rémunération. Au-delà du fait qu'il est illégal de vendre des animaux de cette façon — les animaux n'étant pas des marchandises et leur cession étant strictement réglementée. Plusieurs personnes se sont rendu compte d'un problème et ont commencé à rassembler des preuves que cette personne détenait des animaux dans des conditions de maltraitance.
Parmi ces preuves figuraient des échanges directs avec la personne, qui assumait sans détour avoir laissé ces 56 animaux sans nourriture depuis des mois dans ce qu'elle appelait un "hangar", et qui s'avérera en réalité être deux garages loués. En approfondissant l'enquête, ce fameux hangar a pu être localisé, ainsi que le domicile de la personne, où son association était domiciliée sans aucune autorisation.
Sachant tout cela, notre association et d'autres ont décidé de contacter la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) de l'Oise dans un premier temps. En effet, l'une des missions de la DDPP est de veiller au respect des normes en matière de bien-être animal. Par ailleurs, tout établissement en lien avec des animaux se doit d'être déclaré, ce qui n'était absolument pas le cas ici.
Grâce à la coopération entre les associations, la DDPP s'est montrée réactive et a rapidement pris les mesures nécessaires pour libérer ces 56 animaux de leurs souffrances. Le commissariat et le procureur ont ensuite pu être saisis afin d'obtenir l'autorisation de pénétrer dans les lieux et d'intervenir.
La prise en charge des furets
C'est ainsi qu'aux côtés de plusieurs associations et bénévoles, nous avons pu procéder à la prise en charge des furets. Sur les 8 furets récupérés par notre association, 3 ont été adoptés par l'une de nos familles d'accueil : deux vieilles furettes âgées de 5 et 6 ans souffrant d'aplasie, ainsi qu'un mâle de 5 ans. Les 5 autres, des furettes gestantes, ont quant à elles été transférées en Isère.
Malheureusement tous les animaux n'ont pas pu être sauvés. Certains étaient déjà décédés à notre arrivée, d'autres n'ont pas survécu malgré les soins, tant les conditions dans lesquelles ils vivaient étaient terribles.
Capucine et Bleuet, deux furettes putoisées issues de la saisie.
Rose et Lilas, deux furettes issues de la saisie, prises en charge et apaisées en famille d'accueil.
Face à la gravité des faits, notre association n'a pas hésité à porter plainte. Une telle horreur ne peut rester impunie. D'autres associations se sont également portées partie civile, parmi lesquelles la Fondation Brigitte Bardot et la SPA.
Parfois l'horreur est telle qu'il est nécessaire de coopérer avec plusieurs associations. Des associations sont également intervenues pour prendre en charge les cochons d'Inde, les pigeons, les lapins. Car l'une de nos missions ne se limite pas à prendre en charge et soigner : c'est aussi, et surtout, dénoncer et ne jamais laisser passer de tels actes.